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  • Ce qu’on aime ce mois-ci : octobre à Ferrare

    Ce qu’on aime ce mois-ci : octobre à Ferrare

    Les premiers matins de brouillard. Les vélos, phares allumés dès six heures. Et cette odeur de feu de bois qui vient d'on ne sait où.

    Octobre est le mois où Ferrare devient plus intime, et nous aimons ça. Mais ce n'est pas un mois tranquille : les événements d'octobre à Ferrare s'enchaînent du début à la fin, entre une ville qui devient salle de rédaction, les feux qui s'allument dans les lagunes et une fête de la gastronomie pour finir. Voici ce qu'on aime.

    La ville devient une salle de rédaction : Internazionale

    Ça commence tout de suite. Du 2 au 4 octobre 2026 revient Internazionale a Ferrara, le festival de journalisme qui transforme le centre en la plus grande salle de rédaction du monde. Rencontres, présentations, projections, expositions et ateliers, avec des journalistes, des écrivains et des photographes du monde entier.

    Ces jours-là, Ferrare change de visage. On fait la queue pour une rencontre, on discute sous les arcades, on sort d'une salle avec une question nouvelle en poche. Un conseil de notre part, nous qui sommes en salle tous les soirs : la ville se remplit, et les tables aussi. Si vous voulez dîner tranquillement entre deux rencontres, mieux vaut y penser avant.

    Tout l'automne : l'exposition au Palazzo dei Diamanti

    Pendant tout le mois, et jusqu'au 10 janvier 2027, le Palazzo dei Diamanti accueille « Da Monet a Van Gogh a Kandinsky » : 120 œuvres, en grande partie venues du Museum Boijmans Van Beuningen de Rotterdam. Entre deux rencontres d'Internazionale, c'est le prétexte parfait pour passer une matinée au milieu des tableaux. Nous vous expliquons ici ce qu'il faut voir et comment s'organiser.

    La fumée des lagunes : les derniers week-ends de la Sagra dell'Anguilla

    À Comacchio, la Sagra dell'Anguilla, la fête de l'anguille, continue encore deux week-ends : 3 et 4 octobre, 10 et 11 octobre 2026.

    Octobre est le bon mois. Dans les valli, les lagunes de Comacchio, la saison de pêche s'ouvre : elle va d'octobre à décembre, avec les lavorieri, des barrages de pêche traditionnels. Et à la Manifattura dei Marinati, il y a la Sala dei Fuochi, la salle des feux, avec ses douze grandes cheminées : les anguilles sur les broches, la braise, la fumée qui monte et remplit la pièce. Pour des gens qui s'appellent comme nous, difficile de rester indifférents.

    Un dimanche le long des canaux de Comacchio, puis le soir à table pour en parler. La mer et les lagunes sont notre territoire, et en automne, on les sent plus présentes que jamais.

    La couleur de la courge

    Nous sommes une trattoria de poisson, mais octobre à Ferrare n'a qu'une couleur : l'orange de la courge. C'est la saison des cappellacci di zucca ferraresi, de grands raviolis à la courge, IGP depuis 2016 : pâte aux œufs et farce de courge violina, fromage, chapelure et un soupçon de noix de muscade. Et pas d'amaretti, contrairement à leurs cousins mantouans. Ici, on y tient.

    Vous les trouverez dans toute la ville, et c'est très bien ainsi : ils valent la peine d'être goûtés là où on les fait depuis toujours. Pour en savoir plus sur les plats traditionnels, c'est par ici : que manger à Ferrare.

    Pour finir le mois : le Ferrara Food Festival

    En fin de mois, du vendredi 30 octobre au dimanche 1er novembre 2026, le centre historique accueille la cinquième édition du Ferrara Food Festival : démonstrations de cuisine, dégustations et produits typiques du terroir, de la salama da sugo au pampapato. Une belle manière de saluer octobre et d'ouvrir la voie à l'hiver.

    Dans l'assiette et dans le verre

    En cuisine, l'automne est vraiment arrivé. Paolo suit ce qu'apporte la mer et ce qu'apportent les lagunes, et les plats hors carte se racontent de vive voix, table par table.

    Dans le verre, le terroir a deux réponses. Avec l'anguille, la Fortana frizzante du Bosco Eliceo : des bulles et de l'acidité qui allègent le gras. Avec la courge, la Fortana ferma, non pétillante, qui tient bien face au sucré de la farce. Deux bouteilles, une saison.

    Questions fréquentes

    Quand a lieu Internazionale a Ferrara en 2026 ?
    Du 2 au 4 octobre 2026, dans le centre de Ferrare, avec des rencontres, des projections, des expositions et des ateliers.

    Quand a lieu le Ferrara Food Festival 2026 ?
    Du vendredi 30 octobre au dimanche 1er novembre 2026, dans le centre historique. C'est la cinquième édition.

    Les cappellacci di zucca de Ferrare contiennent-ils des amaretti ?
    Non. Les cappellacci di zucca ferraresi IGP ne contiennent pas d'amaretti : c'est la principale différence avec les tortelli di zucca de Mantoue.

    Si vous passez

    Octobre est un mois plein, qui se savoure mieux tranquillement. Si vous êtes en ville pour le festival, pour la sagra ou juste pour le premier brouillard, la table est prête. Quelque chose de chaud, une bouteille du terroir, et le soir qui tombe tôt.

    Nous vous attendons. Et si vous nous connaissez déjà, vous savez que le plus beau, c'est quand vous revenez.

  • De Monet à Van Gogh et à Kandinsky : l’exposition au Palazzo dei Diamanti (et un dîner après)

    De Monet à Van Gogh et à Kandinsky : l’exposition au Palazzo dei Diamanti (et un dîner après)

    Une façade faite de pointes de marbre. La lumière de l'après-midi qui glisse dessus et les teinte de rose. Et à l'intérieur, cet automne, Monet, Van Gogh et Kandinsky.

    Depuis le 19 septembre, l'exposition au Palazzo dei Diamanti est de celles pour lesquelles on vient exprès à Ferrare : « Da Monet a Van Gogh a Kandinsky. Nuovi sguardi sulla natura e la modernità » (De Monet à Van Gogh et à Kandinsky. Nouveaux regards sur la nature et la modernité), ouverte jusqu'au 10 janvier 2027. L'idée que la moitié de la peinture moderne européenne passe quelques mois dans notre ville nous plaît beaucoup. Nous vous racontons ce qu'il y a à voir, comment s'organiser, et comment finir la journée.

    Ce qu'il y a à voir

    L'exposition réunit 120 œuvres : peintures, dessins et gravures. La plupart viennent du Museum Boijmans Van Beuningen de Rotterdam, aux côtés d'une sélection issue de grandes collections italiennes, publiques et privées.

    Le fil conducteur est une question simple : comment passe-t-on, en moins de quatre-vingts ans, d'un champ peint sur le motif à sa dissolution en formes et en couleurs ? Le parcours est divisé en neuf chapitres et suit exactement ce chemin :

    1. L'école de Barbizon, le paysage observé sur le motif.
    2. Les Macchiaioli, la réponse italienne, faite de lumière et de couleur.
    3. L'impressionnisme, la perception d'un instant.
    4. L'école de La Haye, la version néerlandaise : plus sobre, plus atmosphérique.
    5. Les postimpressionnistes, quand la couleur et la forme deviennent autonomes.
    6. Le divisionnisme, la lumière qui vibre.
    7. La vie en ville, qui prend une place de plus en plus centrale.
    8. Le futurisme, puis le retour à l'ordre.
    9. L'abstraction, où le monde visible se dissout.

    Les noms donnent le tournis : Courbet, Monet, Berthe Morisot, Pissarro, Renoir, Sisley, Degas, Gauguin, Van Gogh, Signac, Redon, Picasso, Bonnard, Vuillard, Kandinsky, Mondrian. Et les Italiens : Fattori, Signorini, Pellizza da Volpedo, Segantini, Previati, Boccioni, Sironi.

    Un Ferrarais dans les salles : Boldini

    Parmi les Italiens, il y a aussi Giovanni Boldini, né ici même, à Ferrare. L'exposition présente des œuvres venues du Museo Giovanni Boldini de la ville, comme son Autoritratto a sessantanove anni (Autoportrait à soixante-neuf ans) de 1911. Le voir à côté des grands de Paris, chez lui, a une saveur particulière. C'est cela qui nous plaît : le monde passe par ici, et Ferrare est prête à l'accueillir.

    Le palais, avant même l'exposition

    Cela vaut la peine de lever les yeux avant d'entrer. Le Palazzo dei Diamanti (le palais des Diamants) doit son nom à son bossage : environ 8 500 blocs de marbre blanc veiné de rose, taillés en pointe de diamant. C'est Biagio Rossetti qui l'a dessiné, et la construction a commencé en 1493 à la demande de Sigismondo d'Este.

    Il se dresse sur le Corso Ercole I d'Este, l'axe de l'Addizione Erculea, la partie de la ville que Rossetti a conçue pour Ercole I et qui a fait de Ferrare la ville qui a inventé l'urbanisme moderne. Le palais donne sur le Quadrivio degli Angeli : arrêtez-vous une minute au carrefour et regardez comme la façade change avec la lumière. Le palais abrite aussi la Pinacoteca Nazionale.

    Comment s'organiser

    • Dates : du 19 septembre 2026 au 10 janvier 2027.
    • Horaires : tous les jours de 9 h 30 à 19 h 30. La billetterie ferme à 18 h 30.
    • Billets : plein tarif 16 €, audioguide inclus (aussi sur smartphone). Le conseil du palais, que nous relayons volontiers : achetez votre billet en ligne, à l'avance. Vous choisissez un créneau horaire et vous entrez sans passer par la billetterie.
    • Où : Corso Ercole I d'Este 21. Pour toute information : +39 0532 244949.

    Un conseil de notre part, nous qui vivons ici toute l'année : les week-ends d'automne, Ferrare se remplit. Début octobre, il y a aussi Internazionale (du 2 au 4 octobre) : si vous venez ces jours-là, mieux vaut vraiment réserver en ligne.

    La journée parfaite, selon nous

    L'exposition le matin, quand les salles sont plus calmes. Puis une promenade lente le long du Corso Ercole I d'Este, jusqu'aux remparts, si les jambes suivent. L'après-midi dans le centre, entre le Castello et les rues médiévales, avec la lumière qui tombe tôt.

    Et le soir, à table. Après une journée passée devant Monet et Segantini, nous avons envie de choses simples et vraies : le poisson de l'Adriatique, les lagunes, une bouteille d'un vigneron que nous connaissons. On parle de tableaux, on commande ce que Paolo a choisi aujourd'hui, on est bien.

    Si vous voulez un itinéraire plus complet, il est ici : Ferrare en une journée, à pied et à vélo.

    Questions fréquentes

    Jusqu'à quand l'exposition au Palazzo dei Diamanti est-elle ouverte ?
    « Da Monet a Van Gogh a Kandinsky » est ouverte jusqu'au 10 janvier 2027. Elle a commencé le 19 septembre 2026.

    Quels sont les horaires de l'exposition ?
    Tous les jours de 9 h 30 à 19 h 30. La billetterie ferme à 18 h 30.

    Quels artistes peut-on voir dans l'exposition ?
    Entre autres Monet, Van Gogh, Kandinsky, Mondrian, Degas, Renoir, Gauguin et Picasso, avec les Italiens Fattori, Segantini, Boldini et Boccioni. En tout 120 œuvres, en grande partie venues du Museum Boijmans Van Beuningen de Rotterdam.

    Vaut-il mieux acheter son billet en ligne ?
    Oui. En réservant en ligne, on choisit son créneau horaire et on entre sans passer par la billetterie. Le week-end, ça fait la différence.

    Si vous passez

    Une exposition comme celle-ci est un bon prétexte pour venir à Ferrare, ou pour y revenir. Si après les tableaux vous avez envie d'un dîner sans hâte, la table est prête.

    Nous vous attendons.

  • Les vins des sables : le Bosco Eliceo et les vignerons que nous aimons

    Les vins des sables : le Bosco Eliceo et les vignerons que nous aimons

    Des vignes basses, plantées sur le sable, à quelques mètres de l'Adriatique. Le sol crisse sous les chaussures comme une plage. Et pourtant, de là naît un vin, et il a juste la salinité qu'il faut pour notre poisson.

    Ce sont les vins des sables : le Bosco Eliceo. Un nom que peu de gens connaissent à Ferrare et que nous, depuis l'ouverture, servons volontiers. Parce qu'il vient d'ici, de notre même bout de monde liquide, sable, lagunes, mer, sel, et parce que nous aimons les vignerons qui le font. Voici notre petit guide, raconté de derrière le comptoir.

    Pourquoi on les appelle « vins des sables »

    L'appellation s'appelle Bosco Eliceo DOC et elle est reconnue depuis 1989. Le surnom, « Vini delle Sabbie », vins des sables, n'est pas de la poésie d'étiquette : c'est la vérité du terrain. Les vignes poussent sur des sols composés jusqu'à 95-97 % de sable, héritage des sédiments du Pô et du Reno et des anciennes bonifications, entre la province de Ferrare, le delta du Pô et la côte.

    Le nom « Bosco Eliceo », lui, vient des bois de chênes verts, les « elci », qui poussaient autrefois sur les cordons de sable le long de la mer.

    Il y a un détail que nous aimons raconter à table. Beaucoup de ces vignes sont « franches de pied », c'est-à-dire non greffées : le sable rend le sol naturellement hostile au phylloxéra, l'insecte qui, au XIXe siècle, a détruit la moitié du vignoble européen. Ici, les vignes basses ont survécu. Boire un Bosco Eliceo, parfois, c'est boire le fruit de vieilles plantes qui ont tenu bon là où ailleurs on avait tout recommencé à zéro.

    La Fortana, l'« Uva d'Oro »

    Le cépage de la maison est la Fortana, que l'on appelle par ici « Uva d'Oro », le raisin d'or. On la cultive depuis des siècles. Le Consorzio, l'organisme qui veille sur l'appellation, fait remonter les premiers témoignages jusqu'aux Étrusques de Spina, rien de moins : une tradition locale, racontée ainsi par ceux qui protègent l'appellation, plus qu'une chronique certaine.

    Et voici la belle histoire, celle que nous adorons raconter en prévenant tout de suite qu'il s'agit d'une légende, pas d'un fait documenté. On dit que la Fortana serait arrivée de la Côte-d'Or, en Bourgogne, apportée à Ferrare par Renée de France à l'occasion de ses noces avec Hercule II d'Este : des plants français qui, dans les terres sableuses et saumâtres du delta, auraient trouvé leur maison. De là, dit-on, « Côte d'Or », « Uva d'Oro ». C'est une tradition, et nous y tenons justement pour ce qu'elle est : une histoire qui sent la cour des Este, à raconter en fin de dîner sans la faire passer pour une vérité.

    Sous la DOC, il y a quatre types de vins : outre la Fortana, le Merlot, le Sauvignon et le Bianco del Bosco. Quatre façons différentes de tenir sur le sable.

    Quel goût a un vin qui pousse au bord de la mer

    Si vous ne les avez jamais goûtés, mettez-vous un mot en tête : salinité. Les vins des sables ont un degré d'alcool modéré, autour de 10,5-11 %, une belle acidité et une note légèrement saline, offerte par la proximité de la mer. Ils sont légers, francs, souvent pétillants. Des parfums frais, fruités, par moments floraux.

    Pas de vin « important » qui fait taire le plat, en somme. Des vins qui font leur métier : ils donnent soif, ils nettoient la bouche, ils donnent envie de la bouchée suivante. Des vins de trattoria, dans le plus beau sens du terme.

    Pourquoi une trattoria de poisson sert du Bosco Eliceo

    Question légitime : un rouge, ou un pétillant « paysan », avec du poisson ? Oui. Et c'est justement là que le sable devient utile.

    La logique est simple, celle des sommeliers racontée depuis la cuisine : l'acidité et les bulles allègent le gras et équilibrent le plat. Cela fonctionne très bien sur les plats les plus riches de notre monde de lagune. La Fortana pétillante est l'accord de prédilection avec l'anguille, le risotto à l'anguille par exemple, où acidité et bulle tranchent le gras. Et quand le plat tire vers l'acide, comme certains brodetti de la région de Comacchio préparés au vinaigre, la Fortana tranquille tient mieux que bien des blancs.

    Puis il y a les blancs. Le Bianco del Bosco pétillant, encore une fois, avec le risotto à l'anguille. Le Sauvignon du Bosco Eliceo, sec et un brin acidulé, avec l'anguille marinée. Et en apéritif, avant de passer à table, ils conviennent tous.

    Le fil est toujours le même : la salinité du vin qui dialogue avec la salinité du poisson de lagune. Même milieu, même langue. C'est la raison pour laquelle, sur la carte, à côté des vignerons que nous allons chercher aux quatre coins, nous gardons une place pour ceux qui font du vin juste derrière chez nous.

    La nouveauté à essayer : le Fortana Rosé

    Parmi les nouveautés, il y a la Fortana en version mousseuse, le Fortana Rosé. Il naît comme vin d'apéritif, et il est parfait ainsi, un verre bien frais à l'arrivée, mais il se débrouille aussi à table, avec le poisson et les viandes blanches.

    Si vous passez l'été, avec la lumière longue et la chaleur qui ne lâche pas, c'est le premier que nous vous mettons dans la main. Bulle, couleur, fraîcheur. Peu de prétentions et beaucoup d'envie de continuer.

    Questions fréquentes

    Qu'est-ce que le vin des sables ?
    C'est le nom que l'on donne au Bosco Eliceo DOC, un vin produit entre Ferrare, le delta du Pô et la côte, sur des sols faits presque uniquement de sable, jusqu'à 95-97 %. D'où le surnom.

    Quel vin boit-on à Ferrare ?
    Le vin le plus « de la maison », du côté de la mer, c'est le Bosco Eliceo : Fortana, Merlot, Sauvignon et Bianco del Bosco. Des vins salins et légers, souvent pétillants, faits pour la table, et selon nous pour le poisson.

    Qu'est-ce que la Fortana ?
    C'est le cépage roi du Bosco Eliceo, appelé aussi « Uva d'Oro ». Il donne un vin frais, salin, souvent pétillant, aujourd'hui aussi en version rosé mousseux.

    Si vous passez

    Le Bosco Eliceo n'est pas un vin qui vous change la vie à la première gorgée. C'est mieux que ça : c'est un vin qui vous raconte où vous êtes. Le sable, la mer à deux pas, les lagunes dans le dos.

    Nous le gardons là, à côté des autres vignerons artisans que nous aimons, et nous l'ouvrons volontiers pour qui a envie de comprendre d'où il vient. Si cela vous tente, avec une friture ou devant une assiette d'anguille, la table est prête. Et si vous préférez commencer seuls, en vous baladant du côté des Lidi : faites-le. Au fond, ça aussi, c'est « nuvolare », comme on dit chez nous : flâner le nez dans les nuages.

  • Ce qu’on aime ce mois-ci : septembre à Ferrare

    Ce qu’on aime ce mois-ci : septembre à Ferrare

    Les soirées raccourcissent, à peine. La lumière se fait plus basse, plus dorée. Et Ferrare, après l'été, se remplit à nouveau.

    Septembre est le mois que nous préférons pour recommencer. La ville revit le jour, les vélos reprennent les rues, et à la campagne c'est le temps des récoltes. Les événements de septembre à Ferrare suivent le même pas : un marché qui amène l'Europe sur l'avenue, les vendanges qui parfument les soirées, et en fin de mois les lagunes qui se réveillent avec l'anguille. Voici ce qu'on aime.

    L'Europe sur l'avenue : le Mercato Europeo

    Du 18 au 20 septembre 2026 revient le Mercato Europeo, L'EuropAFerrara, le marché européen, sur le viale Alfonso I d'Este. Plus de cent exposants, des stands venus de la moitié de l'Europe, entrée libre.

    C'est une de ces choses qui nous mettent de bonne humeur : on se promène sous les arbres de l'avenue, on goûte un fromage qu'on ne connaissait pas, on rentre avec quelque chose de bizarre dans son sac. Pas besoin de programme. Un après-midi libre et un peu de curiosité suffisent.

    Le temps des vendanges

    Septembre, par ici, c'est le mois où l'on récolte. Sur les sables du Bosco Eliceo aussi, la DOC du littoral de Ferrare, où la vigne pousse sur des sols presque uniquement faits de sable, à deux pas de la mer.

    Les vendanges, nous les aimons pour ce qu'elles promettent. Ce sont les mains des vignerons que nous connaissons, les cagettes pleines, la bonne fatigue de fin de journée. C'est la part du vin qu'on ne voit pas dans le verre, et c'est celle qui nous tient le plus à cœur. Si vous voulez en savoir plus, c'est par ici : les vins des sables et les vignerons que nous aimons.

    Les lagunes se réveillent : la Sagra dell'Anguilla

    Le 26 septembre s'ouvre la saison qui nous ressemble le plus. À Comacchio revient la Sagra dell'Anguilla, la fête de l'anguille, sur trois week-ends : 26 et 27 septembre, 3 et 4 octobre, 10 et 11 octobre 2026.

    L'anguille est la reine des valli, les lagunes de Comacchio. Elle naît très loin, dans la mer des Sargasses, et passe des années dans les eaux de Comacchio avant d'être pêchée avec les lavorieri, les barrages de pêche des lagunes. La saison de pêche va d'octobre à décembre : la sagra, en somme, la salue en avance. L'anguilla marinata tradizionale delle Valli di Comacchio, l'anguille marinée traditionnelle, est Presidio Slow Food, et vaut à elle seule le voyage.

    Notre conseil : un dimanche à Comacchio, à pied le long des canaux, puis le soir à table. La mer et les lagunes sont notre territoire liquide, et septembre est le moment où elles se font le plus sentir.

    Dans l'assiette et dans le verre

    En cuisine, c'est un passage de saison. L'été laisse encore quelque chose, l'automne frappe à la porte. Paolo suit ce qui arrive, jour après jour, et souvent les meilleurs plats sont les plats hors carte, racontés de vive voix.

    Dans le verre, avec l'anguille, le terroir a la réponse toute prête : la Fortana frizzante du Bosco Eliceo. L'acidité et les bulles allègent le gras, la salinité du vin appelle celle de la lagune. Un accord de la maison, et toujours notre préféré.

    Questions fréquentes

    Quand a lieu le Mercato Europeo à Ferrare en 2026 ?
    Les 18, 19 et 20 septembre 2026, sur le viale Alfonso I d'Este. L'entrée est libre.

    Quand a lieu la Sagra dell'Anguilla de Comacchio 2026 ?
    Sur trois week-ends : 26 et 27 septembre, 3 et 4 octobre, 10 et 11 octobre 2026, dans le centre de Comacchio.

    Quel vin boire avec l'anguille ?
    Nous aimons la Fortana frizzante du Bosco Eliceo : les bulles et l'acidité équilibrent le gras de l'anguille.

    Si vous passez

    Septembre est le mois où la ville rentre à la maison, et nous avec elle. Si vous passez pour le marché, pour la sagra, ou juste pour une soirée plus fraîche, la table est prête. On parle de ce qui est arrivé aujourd'hui, on débouche une bouteille du terroir, on est bien.

    Nous vous attendons. Sans hâte.

  • Que manger à Ferrare : les plats qui racontent la ville (et là où finit la mer)

    Que manger à Ferrare : les plats qui racontent la ville (et là où finit la mer)

    Si vous vous demandez que manger à Ferrare, sachez que c'est une ville avec deux cuisines en une. D'un côté la cour des Este, le faste du banquet de la Renaissance, la courge et le cochon de l'arrière-pays. De l'autre, l'eau : les lagunes, le delta du Pô, l'anguille et le poisson bleu. Nous, aux Nuvole, nous sommes du côté de l'eau, nous sommes une trattoria de poisson, mais à Ferrare la terre et l'eau se tiennent par la main depuis toujours, et l'on ne comprend pas l'une sans l'autre.

    Alors, que manger à Ferrare ? Voici notre promenade : huit plats qui racontent la ville, de la table des ducs jusqu'à là où finit la mer. Pour chacun : d'où il vient, ce que c'est, et comment nous l'aimons.

    De la cour des Este

    La cuisine ferraraise naît à la Renaissance, quand à la cour des Este le banquet était un art. Le « scalco », celui qui organisait le banquet, comptait plus que le cuisinier. Deux noms reviennent dans tout récit honnête de cette cuisine : Cristoforo da Messisbugo, dont le livre de recettes paraît en 1549, et Giovan Battista Rossetti, avec son Dello Scalco de 1584. Presque tous les plats qui suivent partent de là.

    1. Cappellacci di zucca ferraresi

    L'origine. Ils sont IGP depuis 2016, et les pâtes aux œufs ferraraises sont documentées dès 1549 par Messisbugo. La courge est cultivée dans ces campagnes depuis 1570.

    Ce que c'est. Des pâtes aux œufs farcies de courge jaune « violina » cuite au four, de fromage, de chapelure, d'une pointe de noix de muscade. La forme rappelle le chapeau de paille du paysan, caplaz en dialecte. Une chose que nous répétons toujours : les cappellacci ferrarais n'ont pas d'amaretti, ce ne sont pas les tortelli de Mantoue.

    Comme nous les aimons. Le classique : beurre fondu et sauge, qui laisse parler la courge. Et dans le verre, un blanc mûr et salin du littoral, un Bosco Eliceo : la salinité de la mer sur un plat de terre. Voilà, dès le premier plat, la terre et l'eau qui se parlent.

    2. Salama da sugo

    L'origine. Une charcuterie IGP, aux racines Renaissance : la première mention date de 1492, et il existe une lettre de Laurent de Médicis au duc Hercule Ier d'Este pour le remercier de ce cadeau « précieux et très apprécié ».

    Ce que c'est. De la viande de porc avec du vin rouge et des épices (noix de muscade, cannelle, clous de girofle), embossée dans une vessie de porc, ficelée « en melon », affinée jusqu'à un an. Elle cuit à la vapeur, suspendue au-dessus de l'eau bouillante, pendant environ cinq heures. De la patience à l'état pur.

    Comme nous l'aimons. Chaude, tranchée, avec de la purée de pommes de terre. À côté, une Fortana pétillante du Bosco Eliceo : l'acidité et les bulles allègent et équilibrent le gras. C'est le plat le plus « de cour » de la liste : important, riche, pour les grandes occasions.

    3. Pasticcio di maccheroni alla ferrarese

    L'origine. Attention ici : ce n'est pas une IGP. Il fait l'objet d'un projet de De.Co., Denominazione Comunale d'Origine, l'appellation communale de la ville de Ferrare. Il descend des « pastelli » de viande médiévaux et Renaissance, et les macaronis arrivent du Sud avec le mariage, en 1473, d'Hercule d'Este et d'Éléonore d'Aragon, fille du roi de Naples.

    Ce que c'est. Une coque de pâte sablée sucrée garnie de macaronis, de ragù, de béchamel et de truffe, en dôme, cuite au four. Le beau, c'est le contraste : sucré dehors, salé dedans. Traditionnellement, c'est un plat de Carnaval.

    Comme nous l'aimons. Comme une petite merveille baroque à découper à table. Qui pense au « timballo » du Guépard n'est pas loin : même idée de pâtes cachées sous une croûte.

    4. Coppia ferrarese

    L'origine. Le pain IGP de la ville. Messisbugo le cite en 1547 sous le nom de « pane intorto », pain tordu, dans les comptes de dépenses pour la table du prince Alphonse II. Ce pain tordu, c'est la Coppia d'aujourd'hui.

    Ce que c'est. Deux bras torsadés qui forment un « éventail à quatre cornes » ; les pointes s'appellent crostini. Croûte sèche et croquante comme un gressin, cœur moelleux. (Il existe aussi une légende qui la relie aux boucles de Lucrèce Borgia : charmante, mais c'est une légende, pas de l'histoire.)

    Comme nous l'aimons. Comme pain de trattoria, tout simplement. Ces crostini croquants sont faits pour se casser et saucer, ou pour accompagner un verre en attendant le premier plat.

    Et puis la mer finit

    Ici, nous descendons vers l'eau, et c'est chez nous. Les Valli di Comacchio, les lagunes de Comacchio, se trouvent dans le parc du delta du Pô, entre le Pô, le Reno et l'Adriatique : roselières, miroirs d'eau saumâtre, le seul delta d'Italie, patrimoine de l'UNESCO avec Ferrare. Depuis toujours, on y pêche et on y élève : anguilles, bars, crevettes de lagune.

    5. Anguilla marinata di Comacchio

    L'origine. Celle-ci non plus n'est pas une IGP : c'est un Presidio Slow Food. La méthode de marinade est codifiée depuis le Règlement de 1818, rien de moins, et on la pratique encore à la Manifattura dei Marinati de Comacchio, dans la « Sala dei Fuochi », la salle des Feux, avec ses douze grandes cheminées.

    Ce que c'est. De l'anguille sauvage de lagune, cuite à la broche et mise en saumure : pour chaque litre de vinaigre de vin blanc, environ 70 grammes de sel de Cervia, un verre d'eau, une feuille de laurier. L'anguille naît dans la mer des Sargasses et revient boucler la boucle ici ; on la pêche avec les lavorieri, d'octobre à décembre. On dit qu'à Comacchio il existe quarante-huit recettes d'anguille.

    Comme nous l'aimons. C'est le plat-drapeau des lagunes, le plus nôtre par l'esprit. Vinaigre, sel, fumée de bois : sévère et magnifique. Sur le vinaigre de la marinade, nous allons volontiers vers un Sauvignon du Bosco Eliceo, sec et légèrement acidulé, qui équilibre le gras de l'anguille.

    6. Brodetto di valle

    L'origine. La soupe de poisson de l'Adriatique naît à bord des bateaux de pêche, pour utiliser les prises les moins nobles. Côté ferrarais, la référence est celle des lagunes : le brodetto d'anguille « a becco d'asino » de Comacchio.

    Ce que c'est. De l'anguille avec de l'oignon, du vinaigre et du concentré de tomate ; l'hiver, il existe aussi la variante au chou vert. Cuisine pauvre, de récupération, de patience.

    Comme nous l'aimons. Profond, lent, à saucer avec du pain. C'est le plat qui raconte le mieux la vie des lagunes : rien de précieux dans les ingrédients, tout dans le temps et dans la main. Ici, sur les plats acides de la région de Comacchio, la Fortana tranquille du Bosco Eliceo tient mieux que les blancs. (Et un brodetto di valle n'est pas un « plat ferrarais DOP », aucun ne l'est : c'est de la tradition, et c'est très bien comme ça.)

    7. Poisson bleu : sardoncini et alici

    L'origine. Sardines et anchois de l'Adriatique, le poisson bleu du littoral de Ferrare et de Romagne. Aux Lidi di Comacchio, on les prépare frits puis marinés avec du vinaigre et du laurier, la même logique « à l'ancienne » que l'anguille.

    Ce que c'est. Un poisson pauvre, abondant, durable. Frit et mariné, ou scottadito, à peine saisi sur le gril.

    Comme nous l'aimons. Beaucoup. C'est le cœur d'une trattoria de mer honnête : pas de trophées, seulement de la fraîcheur. Des sardoncini chauds, une bulle paysanne du Bosco Eliceo, et on est bien, sans se presser.

    8. Pampapato di Ferrara

    L'origine. Le gâteau IGP depuis 2015. Il naît au XVIe siècle dans le couvent cloîtré du Corpus Domini : les moniales préparaient un pain épicé pour les hauts prélats à Noël. La forme rappelle la coiffe du cardinal, le « pain du pape ». L'enrobage de chocolat, lui, est une idée récente : un pâtissier ferrarais, en 1902.

    Ce que c'est. Une calotte d'amandes, de fruits confits, de cacao, de noix de muscade et de cannelle, recouverte de chocolat noir. L'un des rares gâteaux sans matière grasse ajoutée.

    Comme nous l'aimons. En fin de repas, par petits morceaux, tranquillement. Il boucle la boucle : on était parti du banquet des Este, et l'on finit avec un gâteau né à côté de leur cour.

    (Une précision, parce que ceux qui cuisinent y tiennent : la torta tenerina, l'autre grand gâteau ferrarais, n'est pas une IGP, c'est un Prodotto Agroalimentare Tradizionale, un PAT. Délicieuse quand même.)

    Questions fréquentes

    Quel est le plat typique de Ferrare ?
    Il n'y en a pas qu'un : la ville vit d'un couple. S'il faut choisir le symbole de la table de terre, les cappellacci di zucca ; celui de l'eau, l'anguille de Comacchio. Ensemble, ils racontent Ferrare mieux que n'importe quel plat seul.

    Les cappellacci di zucca sont-ils IGP ?
    Oui, ils sont IGP depuis 2016. Attention, en revanche, à ne pas appeler IGP tout le reste : le pasticcio di maccheroni est un projet De.Co. communal, la tenerina est un PAT, l'anguille de Comacchio est un Presidio Slow Food. Ce sont des reconnaissances différentes, et les confondre est l'erreur la plus courante.

    Où mange-t-on du poisson à Ferrare ?
    Le fil à suivre est celui des lagunes : anguille, brodetto di valle, poisson bleu de l'Adriatique, et les petites huîtres de Goro, dans notre delta. Cherchez les adresses qui raisonnent par saison et par terroir, plus que par nom ronflant. Et oui, chez nous aussi : c'est exactement ce que nous essayons de porter à table.

    Si vous passez par ici

    Huit plats ne font pas toute Ferrare, c'est une promenade, pas un recensement. Mais si vous les mettez bout à bout, de la cour des Este jusqu'à là où l'eau devient saumâtre, vous avez compris de quoi cette ville est faite : double, entre faste et lagune, entre courge et anguille.

    Nous, nous sommes du côté de la mer et des lagunes, avec les vins des sables à la cave. Si vous avez envie de goûter ce versant de Ferrare, la table est prête. Et si vous finissez à Comacchio devant une assiette d'anguille qui n'est pas la nôtre, c'est très bien aussi : c'est toujours la même histoire, et c'est une belle histoire.

  • Ce qu’on aime ce mois-ci : août à Ferrare

    Ce qu’on aime ce mois-ci : août à Ferrare

    Un soir d'août, les volets entrouverts, l'air qui enfin se met à bouger. La ville est plus lente, et c'est très bien comme ça.

    Août à Ferrare se vit en deux temps. Les premières semaines sont calmes : le centre se vide, ceux qui restent marchent sans se presser, et nous aussi, nous respirons un peu plus. Puis, vers la fin du mois, la ville change de rythme d'un coup. C'est le mois des événements d'août à Ferrare qui s'allument tous en même temps, quand les rues se remplissent de musique. Voici ce qu'on aime, ce mois-ci.

    La ville s'allume : le Buskers Festival

    Le grand rendez-vous arrive en fin de mois. Le Ferrara Buskers Festival revient du 26 au 30 août 2026 dans le centre historique : musique et arts de rue qui prennent possession des rues et des places, avec la traditionnelle avant-première à Comacchio les jours précédents.

    C'est un de ces moments où Ferrare donne le meilleur d'elle-même. On marche sans but, on tourne au coin d'une rue et il y a un son nouveau : un violon, un chœur, quelque chose qu'on n'attendait pas. Les meilleures choses, souvent, n'étaient pas prévues.

    Un conseil pratique de notre part, nous qui sommes en salle tous les soirs : les soirs de festival, le centre se remplit. Si vous voulez dîner tranquillement entre deux spectacles, mieux vaut y penser un peu avant. Et puis ressortir, dans la musique.

    L'appel de la mer et des Lidi

    Août, par ici, c'est aussi autre chose : l'envie de mer. Les Lidi ferraresi, les plages de la côte de Ferrare, sont à deux pas, et c'est le bon moment pour y aller. Une journée à la plage, le bruit de l'eau, et le soir qui descend doucement.

    Il y a un esprit d'été que nous aimons : une nuit d'été, des lumières tamisées, du vin frais, une table à partager. Nous ne vous donnons ni programme ni dates de soirées à la mer : ça change, et nous préférons ne pas promettre ce que nous ne pouvons pas garantir.

    Ce que nous pouvons vous dire, c'est ce que les Lidi apportent dans l'assiette. Le poisson bleu de l'Adriatique, sardoncini (les petites sardines), anchois, est une cuisine pauvre et identitaire à la fois : frit puis mariné au vinaigre et au laurier, à l'ancienne, ou « scottadito », sur le gril. C'est le goût de l'été sur la côte de Ferrare, et c'est exactement ce que nous aimons mettre sur la table en ce moment.

    Ce qu'il y a de bon en ce moment, dans l'assiette

    C'est la saison qui commande. L'été, le poisson bleu est chez lui : petit, savoureux, honnête. Nous le traitons avec peu de choses, un peu de feu, une acidité, une herbe, parce qu'il est déjà bon comme ça.

    C'est la matière première qui fait le plat. La mer et les valli, les lagunes, notre territoire liquide fait de sable, d'eau et de sel. Tout part de là, et nous aimons le raconter de vive voix, table par table.

    Et dans le verre : un vin frais du terroir

    Avec la chaleur, nous voulons un vin frais, avec un peu de vivacité. Heureusement, le terroir l'a sous la main.

    Ce sont les vins des sables du Bosco Eliceo, la DOC du littoral de Ferrare, où les sols sont presque uniquement faits de sable. Des vins au degré modéré, à la bonne acidité, avec une note légèrement saline qui vient de la mer toute proche. La Fortana, le cépage roi, en version frizzante (légèrement pétillante) est une de ces bouteilles que nous demandons souvent l'été : des bulles, de la fraîcheur, aucune prétention. Elle va très bien avec le poisson.

    Et puis il y a les vignerons artisans que nous aimons, les refermentés en bouteille, vivants et salins, à déboucher sans cérémonie sur une friture. C'est notre idée de la cave : petite, en mouvement, d'ici.

    Questions fréquentes

    Quand a lieu le Buskers Festival à Ferrare en 2026 ?
    Le Ferrara Buskers Festival se déroule du 26 au 30 août 2026 dans le centre historique, avec la traditionnelle avant-première à Comacchio les jours précédents.

    Cela vaut-il la peine de visiter Ferrare dans les premières semaines d'août ?
    Oui, si vous cherchez une ville plus lente. Les premières semaines sont calmes : on se promène tranquillement, et les Lidi ferraresi sont à deux pas pour une journée à la mer.

    Quel vin du terroir boire avec le poisson d'été ?
    Nous aimons les vins des sables du Bosco Eliceo : frais, légèrement salins, et la Fortana frizzante qui va vraiment très bien avec le poisson.

    Si vous passez

    Août est notre mois lent, puis tout à coup plein de musique. Si vous êtes en ville, pour le festival, pour la mer, ou juste pour une soirée sans hâte, la table est prête. On parle du poisson du jour, on choisit une bouteille fraîche, on est bien.

    Nous vous attendons. Et si vous nous connaissez déjà, vous savez que le plus beau, c'est quand vous revenez.

  • Ferrare avec les enfants : une journée entre remparts, château et nuages

    Ferrare avec les enfants : une journée entre remparts, château et nuages

    Un enfant, en voiture, qui demande où l'on va. Et nous qui répondons : regarder les nuages. Ça marche presque à tous les coups. Parce que Ferrare, vue à hauteur de sept ans, est une ville faite exprès : plate, lente, avec des murs rouges qui ressemblent à un château à dessiner et beaucoup de ciel au-dessus. Là-dessous, au fond, il y a nous aussi.

    Si vous vous demandez que faire à Ferrare avec les enfants sans transformer la journée en marche forcée de musée en musée, nous vous racontons comment nous la vivrions. Une chose à la fois, avec les bonnes pauses. Pas de hâte : c'est notre métier, au fond.

    On commence à vélo, sur les remparts

    Ferrare est la ville des vélos, et ce n'est pas une façon de parler. Environ 90 % des Ferrarais en possèdent au moins un, et un quart des trajets maison-école-travail se fait en pédalant, sur plus de 200 km de pistes cyclables. Traduit pour qui arrive avec des enfants : ici, le vélo est la règle, pas l'exception. Les voitures s'y attendent.

    La plus belle façon de commencer est de monter sur les remparts : un anneau d'environ 9 kilomètres qui enlace le centre historique, praticable à pied et à vélo entre bastions, tours et portes. Inutile de tout faire. Un bout suffit largement. On pédale au-dessus de la ville, à l'ombre des arbres, et les enfants filent devant sans le souci de la circulation. De l'herbe, des roues, le souffle court et quelques chutes sans gravité : la première vraie étape, c'est celle-là.

    Depuis le Corso Ercole I d'Este, on rejoint la Porta degli Angeli, un bon point pour monter ou descendre. Et si l'un des petits lève la tête et s'arrête pour regarder le ciel qui change, eh bien, nous le comprenons très bien nous aussi.

    Le Castello, avec les douves et les tours

    Puis il y a lui, le Castello Estense. Le symbole de la ville : quatre tours, les briques rouges en terre cuite, les balustrades blanches, les ponts-levis. Et tout autour, ce que les enfants préfèrent : les douves pleines d'eau. Un vrai château, avec de l'eau autour, en plein Ferrare. Difficile à expliquer, facile à regarder.

    On en fait le tour, on compte les tours, on cherche les ravelins. On peut monter à la Torre dei Leoni, pour ceux qui ont des jambes et de l'envie. Ici, nous ne vous donnons ni horaires ni tarifs, ils changent souvent, et la dernière chose que nous voulons est de vous envoyer devant une porte fermée : un coup d'œil rapide au site officiel avant de partir et vous êtes tranquilles.

    Même seulement de l'extérieur, de toute façon, le Castello fait son effet. C'est un de ces endroits qui restent aux enfants plus que bien des récits.

    Le Parco Bassani, pour courir vraiment

    Après les murs et les tours, il faut de l'espace. Beaucoup. Vous le trouverez au Parco Urbano Giorgio Bassani, la grande zone verte au nord, entre les remparts et le Pô, qui porte le nom de l'écrivain ferrarais. Il est immense, on parle d'environ 1 200 hectares, ce que l'on appelle l'Addizione Verde, l'« addition verte ». Ici, les enfants peuvent enfin courir sans que personne ne dise « attention ».

    C'est l'endroit du pique-nique, du ballon, de la couverture sur l'herbe. Celui où l'on arrive plein de ville et d'où l'on repart plein d'air. Emportez de quoi manger et laissez-les libres : un parc comme celui-là, au fond, c'est le meilleur musée pour qui a peu d'années. Et au-dessus, encore, les nuages. C'est presque une habitude, par ici, de se mettre à les regarder.

    Le delta et les flamants roses, si vous avez une journée entière

    Si l'envie est de s'élargir au-delà de la ville, le gros lot, c'est le delta du Pô. Ici, le grand fleuve rencontre l'Adriatique, et l'office de tourisme le présente comme une destination faite pour les familles : excursions en bateau, en canoë, à cheval, observation des oiseaux, oasis à découvrir.

    Ce qui laisse bouche bée, petits et grands, ce sont les Valli di Comacchio, les lagunes de Comacchio : on part en bateau chercher les flamants roses, vraiment roses, debout dans l'eau peu profonde. Pour les enfants, c'est une sorte de magie. L'été, il y a aussi des sorties avec guide pour approcher les oiseaux et visiter les casoni, les cabanes des pêcheurs, le long des canaux.

    Et s'il pleut, ou s'il faut un abri à l'ombre, il y a à Comacchio le Museo Delta Antico, pensé aussi pour les plus petits : les vestiges de la ville étrusque de Spina, la cargaison d'un navire naufragé il y a plus de deux mille ans, des vidéos immersives, des installations à sentir et des parcours à toucher avec les mains. Pas le musée habituel où l'on ne fait que regarder.

    Une journée à hauteur d'enfant

    En mettant les choses bout à bout, une journée sensée peut ressembler à ceci :

    1. Les remparts à vélo, un bout de l'anneau, départ pratique depuis la Porta degli Angeli. Au-dessus de la ville, à l'ombre, sans circulation.
    2. Le Castello Estense, tour des douves, comptage des tours, montée à la Torre dei Leoni pour les plus grands (horaires sur le site officiel).
    3. Le Parco Bassani, course libre, ballon et pique-nique sur l'herbe. Le moment pour souffler.
    4. Le delta et les Valli di Comacchio, la grande sortie, en bateau, à la recherche des flamants roses. À garder pour quand vous avez une journée rien qu'à vous.

    Quatre étapes, mais pas une obligation. Même seulement les trois premières, faites doucement, font déjà une belle journée. Le secret, avec les enfants, c'est d'enlever, pas d'ajouter.

    Questions fréquentes

    Que faire à Ferrare avec les enfants ?
    Le circuit classique, sans stress : un bout des remparts à vélo, le Castello Estense avec ses douves et ses tours, et une course libre au Parco Bassani. Avec une journée de plus, l'excursion au delta du Pô et aux flamants roses des Valli di Comacchio en bateau. Peu de choses, faites calmement.

    Peut-on visiter Ferrare à vélo avec des enfants ?
    Oui, et c'est la meilleure façon. Ferrare est la ville des vélos en Italie : des pistes cyclables partout et l'anneau des remparts, environ 9 km entièrement praticables loin des voitures. Un bout à la fois, à la mesure de leurs jambes.

    Et à la fin de la journée

    Quand les enfants sont fatigués de la bonne manière, la belle, avec les joues rouges et moins de mots que d'habitude, on revient à table. Nous sommes là, une petite trattoria de poisson, avec l'odeur qui vient de la cuisine et aucune hâte. Ce n'est ni un endroit pour enfants ni un endroit pour adultes : c'est un endroit pour les familles, ce qui est autre chose.

    Si vous passez, la table est prête. Et si par hasard, dehors, le ciel s'est mis à « nuvolare », à faire des nuages comme on dit chez nous, faites-le-leur remarquer : à Ferrare, regarder les nuages, c'est déjà la moitié du plaisir.

  • Où prendre l’apéritif à Ferrare : les quartiers, l’ambiance, un verre de vin des sables

    Où prendre l’apéritif à Ferrare : les quartiers, l’ambiance, un verre de vin des sables

    La bonne heure, c'est celle où la lumière baisse et où la ville ralentit encore un peu. Ferrare est déjà lente de nature, silencieuse, à taille humaine, à traverser à pied et à vélo, mais à l'heure de l'apéritif elle devient franchement paisible. On sort, on s'assoit, on attend que le soir arrive. Et alors la question est simple : où prendre l'apéritif à Ferrare, et avec quel verre à la main.

    Nous, aux Nuvole, nous avons une petite idée là-dessus. Nous vous racontons les quartiers, l'ambiance qui change d'une place à l'autre, et le vin que nous aimons servir quand le soleil s'en va : frais, salin, de ces terres. Pas de classements, pas d'adresses qui changent au fil des saisons. Seulement les endroits où cela a du sens de s'arrêter, et pourquoi.

    Le Listone : Piazza Trento e Trieste

    Quand on arrive à Ferrare et qu'on demande où l'on prend l'apéritif, tôt ou tard on finit ici. La Piazza Trento e Trieste, le Listone, comme tout le monde l'appelle, est le cœur de la vie citadine dans le centre historique, l'espace théâtral entre la cathédrale et son musée.

    C'est la place des grandes occasions : vaste, fréquentée, de passage. Le long du flanc de la cathédrale court la Loggia dei Merciai, et c'est d'ici que part la Via Mazzini. L'ambiance est celle du « tiens, je te vois, je te salue » : on s'assoit et tôt ou tard passe quelqu'un que l'on connaît. Bien pour qui veut être au milieu des choses, avec la façade du Duomo, ce mélange de roman et de gothique, en toile de fond pendant que la lumière décline.

    Via delle Volte : l'apéritif à l'ombre des vòlti

    Changez de quelques centaines de mètres et tout change. La Via delle Volte, c'est la Ferrare médiévale, l'une des rues les plus évocatrices de la ville : l'axe de la « Ferrare linéaire » qui a grandi entre le VIIe et le XIe siècle. Le nom vient des vòlti, les passages aériens et les arches qui reliaient autrefois les entrepôts de la rive du fleuve aux boutiques vers le centre.

    Ici, l'ambiance est intime, un peu secrète. Pierre, brique, ombre. Des bâtiments du XIVe et du XVe siècle qui se referment au-dessus des têtes. C'est le bon quartier pour un apéritif lent, de ceux qui deviennent un dîner sans qu'on s'en aperçoive. Moins de vitrine, plus de conversation.

    Autour du Castello : les douves et les quatre tours

    Puis il y a le Castello Estense, le symbole de Ferrare : quatre tours dans les douves, briques rouges en terre cuite, balustrades blanches, ponts-levis. S'asseoir ici pour l'apéritif a quelque chose de théâtral, l'eau tout autour, la masse du château qui s'assombrit pendant que le ciel reste clair encore un instant.

    C'est le quartier le plus « carte postale », et c'est très bien comme ça : certains soirs, un verre vaut la peine rien que pour regarder la Torre dei Leoni d'en bas. D'ici, si l'envie vous prend, vous pouvez pousser vers le Corso Ercole I d'Este, l'axe monumental long de presque deux kilomètres, jusqu'à la Porta degli Angeli et à l'anneau des remparts, neuf kilomètres de verdure à parcourir à pied ou à vélo. Ce n'est plus l'apéritif : c'est l'après. Mais c'est bon de savoir que cela existe.

    Une perle : la plus vieille osteria du monde

    Nous ne résistons pas. Si l'apéritif ferrarais a un lieu-symbole, c'est l'Enoteca Al Brindisi, à côté du Duomo, Via Guglielmo degli Adelardi : considérée comme la plus vieille osteria du monde, attestée dès 1435 (alors Hostaria del Chiucchiolino). Au XVe siècle, on y arrivait en barque. Difficile de faire plus « apéritif de terroir ».

    Nous la citons avec plaisir, parce qu'à Ferrare la générosité profite à tout le monde : une ville avec une osteria de six siècles est une ville où l'idée même de s'arrêter pour boire un verre a des racines profondes.

    Ce que l'on boit : le vin des sables

    Et là, nous entrons chez nous. Parce que l'apéritif, à Ferrare, peut être un geste de terroir plutôt qu'un verre quelconque.

    À quelques kilomètres du centre, entre la province, le delta du Pô et la côte adriatique, naît la DOC Bosco Eliceo, les « vins des sables », appelés ainsi parce qu'ils poussent sur des sols composés jusqu'à 95-97 % de sable, héritage du Pô, du Reno et des bonifications. Le cépage roi est la Fortana, la vieille « Uva d'Oro », le raisin d'or, cultivée depuis des siècles par ici.

    Ce sont des vins à l'âme précise : degré d'alcool modéré (autour de 10,5-11 %), belle acidité, et cette note légèrement saline qui vient de la mer toute proche. Légers, agréables, souvent pétillants. En un mot : faits pour l'apéritif. La salinité du sable, au fond, c'est la même chose que nous cherchons dans le poisson de ces lagunes, c'est le fil qui relie la vigne à la table.

    À essayer, quand l'occasion se présente, le Fortana Rosé, le mousseux que le Consorzio propose justement comme apéritif, un rosé de terroir à la place de l'habituel blanc anonyme. Et si vous aimez les vins vivants, cherchez les refermentés en bouteille des petits vignerons du Bosco Eliceo, comme ceux de Mirco Mariotti : des vignes franches de pied à quelques centaines de mètres de l'Adriatique, des « bulles paysannes » salines et un peu sauvages. Pas de champagne. Quelque chose de plus à nous.

    Notre apéritif

    Nous sommes une trattoria de poisson, pas un bar de place, mais un verre avant de passer à table, nous savons ce que cela veut dire. La cave d'Eli est « toujours en mouvement », faite de vignerons artisans et de vins nature, et le vin des sables y est chez lui : nous le débouchons volontiers quand le soir commence, peut-être avec quelque chose de la mer pour vous faire glisser vers le repas, sans hâte.

    Si l'apéritif sur les places vous donne envie de rester, le pas de la Fortana à une table de poisson est plus court qu'il n'y paraît. Mais ça, à la rigueur, c'est une autre soirée.

    Questions fréquentes

    Où prend-on l'apéritif à Ferrare ?
    Les quartiers classiques sont au nombre de trois : le Listone (Piazza Trento e Trieste), le cœur animé de la ville près du Duomo ; la Via delle Volte, la rue médiévale la plus intime et la plus évocatrice ; et les abords du Castello Estense, théâtraux, avec les douves et les tours. À côté du Duomo, il y a aussi Al Brindisi, la plus vieille osteria du monde, attestée depuis 1435.

    Que boit-on à l'apéritif à Ferrare ?
    Le verre de terroir, c'est le vin des sables du Bosco Eliceo : la Fortana fraîche et légèrement saline, souvent pétillante, et le Fortana Rosé proposé justement comme apéritif. Sinon, les refermentés en bouteille des petits vignerons du Bosco Eliceo, des vins vivants et salins, nés sur des vignes à deux pas de la mer.

    Si vous passez

    Ferrare est une ville qui récompense ceux qui ralentissent. Choisissez la place qui vous ressemble, commandez un verre de ces sables, et laissez la lumière faire son travail. Puis, si la faim vient, et l'envie de mer avec, vous savez où nous sommes : la table est prête, sans hâte.

  • Ferrare en une journée, à pied et à vélo : la ville de la Renaissance

    Ferrare en une journée, à pied et à vélo : la ville de la Renaissance

    Une ville qui se visite sans se presser. Briques rouges, larges rues qui filent en perspective, ruelles médiévales qui débouchent là où on ne les attend pas. Ferrare n'est pas pressée, et nous non plus.

    Si vous vous demandez que voir à Ferrare en une journée, la réponse courte est : plus que vous ne le pensez, et sans courir. C'est une petite ville, plate, faite pour les jambes et pour le vélo. Nous vous racontons ici la journée comme nous la ferions, nous, aux Nuvole : départ du Castello, arrivée le soir. Qui est, soit dit en passant, le moment que nous préférons.

    Ferrare, ville de la Renaissance (et patrimoine mondial)

    Commençons par une chose que l'on tient pour acquise à Ferrare, et qui ne devrait pas l'être. Depuis 1995, la ville est inscrite au patrimoine mondial de l'UNESCO sous le nom de « Ferrare, ville de la Renaissance, et son delta du Pô » ; l'inscription a ensuite été étendue en 1999 pour inclure le delta et les Delizie Estensi, les résidences de campagne des ducs d'Este.

    L'UNESCO la décrit comme la première ville à avoir placé l'harmonie des perspectives urbaines avant la beauté du bâtiment isolé. Dans nos mots : ce qui compte, ce n'est pas seulement le palais, c'est la façon dont on le regarde en arrivant de loin. Cela se comprend en marchant, plus qu'en lisant. Gardez-le en tête : cela vous servira plus loin, quand nous entrerons dans le quartier qui a rendu Ferrare célèbre chez les urbanistes du monde entier.

    Le Castello Estense, d'où l'on part toujours

    Le Castello Estense, le château des Este, est le symbole de la ville, et c'est là que tout le monde se donne rendez-vous. Quatre tours, les douves pleines d'eau, les briques rouges en terre cuite, les balustrades blanches, les ponts-levis. Une vraie forteresse, médiévale, encore entière. On peut monter à la Torre dei Leoni : de là-haut, on comprend d'un coup d'œil comment Ferrare est faite, le vieux qui rencontre le neuf.

    À partir d'ici, les distances sont dérisoires. Tout ce que nous vous racontons tient à quelques centaines de mètres. C'est pour cela que Ferrare se fait bien en une journée : vous ne perdez pas de temps à vous déplacer, vous le passez à regarder.

    La cathédrale, le Listone et l'ancien ghetto

    À deux pas du Castello s'ouvre la Piazza Trento e Trieste, que les Ferrarais appellent le Listone : pour beaucoup, c'est le cœur de la ville, l'espace ouvert et théâtral où les gens passent, s'arrêtent, se donnent rendez-vous.

    Sur un côté se dresse la Cattedrale di San Giorgio Martire, la cathédrale Saint-Georges, le Duomo. La façade est un dialogue entre deux époques : la partie basse romane, commencée en 1135, avec le saint Georges terrassant le dragon signé du sculpteur Nicholaus ; la partie haute gothique. Le long de la place court la Loggia dei Merciai, les vieilles boutiques adossées à l'église. L'entrée est gratuite.

    Du Listone part la Via Mazzini, qui était, dit-on, la rue principale de l'ancien ghetto juif. C'est un morceau de Ferrare qui vaut la peine d'être connu : on y trouve le MEIS, le Musée national du judaïsme italien et de la Shoah, Via Piangipane, qui raconte plus de deux mille ans d'histoire des juifs en Italie. Si vous avez le temps et l'envie, c'est une halte qui laisse une trace.

    Via delle Volte, la Ferrare médiévale

    Maintenant, un conseil de notre part, nous qui vivons à Ferrare. Engagez-vous dans la Via delle Volte.

    C'est une rue médiévale, l'axe de la Ferrare ancienne qui a grandi entre le VIIe et le XIe siècle. Le nom vient des vòlti : les passages suspendus et les arches qui reliaient autrefois les entrepôts de la rive du fleuve aux maisons-ateliers vers le centre. Aujourd'hui, le fleuve n'est plus là, mais les arches, si. Pénombre, pavés, bâtiments de six ou sept cents ans. C'est la Ferrare la plus secrète, et par lumière rasante, c'est aussi la plus belle à photographier.

    Le Palazzo dei Diamanti et l'Addizione Erculea

    Et nous voici à la partie qui fait de Ferrare un cas d'école. Prenez le Corso Ercole I d'Este : un axe tout droit, long de presque deux kilomètres, qui file du Castello jusqu'aux remparts au nord. Pas un commerce, pas une enseigne. Seulement des palais et de la perspective.

    C'est le cœur de l'Addizione Erculea, l'« addition herculéenne », l'agrandissement qu'Hercule Ier d'Este confia en 1492 à l'architecte Biagio Rossetti. Rossetti doubla la ville vers le nord avec un plan orthogonal, rationnel, et fondit le noyau médiéval dans la nouvelle extension. C'est pour cela que Ferrare est souvent citée comme l'un des tout premiers exemples de ville moderne en Europe, celle qui, dit-on, a inventé la notion de plan d'urbanisme.

    Au milieu du Corso s'ouvre le Quadrivio degli Angeli, le carrefour théâtral sur lequel donnent quatre palais. Le plus célèbre est le Palazzo dei Diamanti : il doit son nom à son revêtement extérieur, environ 8 500 blocs de marbre blanc veiné de rose, taillés en pointe de diamant. Il change de couleur avec la lumière du jour. À l'intérieur, la Pinacoteca Nazionale et les grandes expositions internationales. Cela vaut la peine de jeter un œil à la programmation avant de partir, car elle change d'une saison à l'autre.

    Le Palazzo Schifanoia et le Salone dei Mesi

    S'il vous reste de l'énergie (et de la curiosité), il y a un autre endroit que nous gardons dans le cœur : le Palazzo Schifanoia, et à l'intérieur son Salone dei Mesi, le salon des Mois.

    C'est l'un des plus grands cycles de fresques de la Renaissance, peint entre 1468 et 1470 à la demande de Borso d'Este par les peintres de l'Officina Ferrarese, dont Francesco del Cossa et Ercole de' Roberti. Des douze mois d'origine, sept restent lisibles, de mars à septembre : divinités, signes du zodiaque, scènes de cour. Un calendrier peint, grouillant de vie. Le nom du palais, « Schifanoia », voulait dire en gros « fuis l'ennui ». Une déclaration d'intention qui nous plaît beaucoup.

    Les remparts : 9 km d'anneau vert, de préférence à vélo

    Fermons la boucle là où Ferrare donne le meilleur d'elle-même à qui veut rester dehors : les remparts.

    Ils entourent le centre historique sur environ neuf kilomètres, un anneau continu de bastions, de tours et de portes, entièrement praticable à pied et à vélo. Depuis le Corso Ercole I d'Este, on rejoint la Porta degli Angeli, là où l'Addizione Erculea touche la limite nord de la ville. Là-haut, tout n'est que verdure, silence et vélos. Et c'est ici que Ferrare enlève son masque de livre d'histoire pour redevenir simplement un bel endroit où respirer.

    Un détail qui dit tout : à Ferrare, environ 90 % des habitants ont un vélo, et certains l'appellent la ville la plus cyclable d'Italie, avec plus de deux cents kilomètres de pistes. Si vous le pouvez, prenez-en un. La ville est plate et les distances minuscules : pédaler ici n'est pas un sport, c'est la manière naturelle de se déplacer.

    Le soir, chez nous

    À ce stade, il fait presque nuit, les jambes ont marché, et Ferrare se vide doucement. C'est l'heure que nous préférons. La lumière baisse, les briques prennent des tons orangés, et l'envie vient de s'arrêter.

    Nous sommes là, une petite trattoria de poisson à quatre mains : Paolo en cuisine, Eli en salle et à la cave, avec ses vignerons artisans. La mer et les lagunes de notre territoire, quelques plats hors carte racontés de vive voix, du bon vin et aucune hâte. Après une journée passée à regarder en l'air, cela nous semble la bonne façon de la finir : assis, au chaud, devant quelque chose de bon.

    Si vous passez par ici, la table est prête.

    Questions fréquentes

    Que voir à Ferrare en une journée ?
    Quelques heures suffisent pour le cœur de la ville : le Castello Estense, la cathédrale et le Listone, la Via Mazzini avec l'ancien ghetto, la Via delle Volte médiévale, le Corso Ercole I d'Este avec le Palazzo dei Diamanti, et un tour sur les remparts. S'il reste du temps, le Palazzo Schifanoia avec le Salone dei Mesi. Tout est proche : inutile de courir.

    Ferrare est-elle classée à l'UNESCO ?
    Oui. Depuis 1995, elle est inscrite au patrimoine mondial de l'UNESCO comme « Ferrare, ville de la Renaissance », et depuis 1999 la reconnaissance inclut aussi son delta du Pô et les Delizie Estensi.

    Ferrare se visite-t-elle mieux à pied ou à vélo ?
    Les deux fonctionnent : le centre est petit et se fait très bien à pied. Mais c'est une ville plate et très cyclable, parmi les plus cyclables d'Italie, donc pour les remparts et pour s'éloigner un peu, le vélo est le choix naturel.

  • Ce qu’on aime ce mois-ci : juillet à Ferrare

    Ce qu’on aime ce mois-ci : juillet à Ferrare

    Juillet à Ferrare, c'est la ville qui reste dehors jusqu'à tard. Les places se remplissent de musique, l'air sent le soir, et à table on change de rythme : plus de cru, plus de frais, plus de léger. Voici ce qu'on aime ce mois-ci, en ville et chez nous.

    Si vous cherchez quoi faire parmi les événements de juillet à Ferrare, et puis un endroit où vous asseoir avant ou après, voici comment nous le vivons.

    Ce qui se passe en ville

    Ce mois-ci, la ville joue de la musique. Deux festivals tiennent l'affiche, et ils se croisent au cœur de Ferrare.

    1. Ferrara Summer Festival, les grands concerts sur la Piazza Ariostea, jusqu'au 26 juillet. Parmi les rendez-vous annoncés, Helloween le 18 juillet. (Les dates des concerts peuvent changer : une vérification de dernière minute ne fait jamais de mal.)
    2. Ferrara Sotto le Stelle, le festival de musique indépendante, du 20 au 28 juillet, dans la cour du Castello Estense et à la Delizia di Benvignante, à Argenta. Au Castello : Ministri le 22, The Notwist le 23, Emma Nolde le 25.

    Ce sont deux âmes différentes du même été : la grande place et la cour du Castello. Nous aimons les deux. Et nous aimons l'idée d'un dîner avant, tranquillement, puis quelques pas vers la musique.

    Ce qu'il y a de bon en ce moment, dans l'assiette

    L'été, la cuisine s'allège toute seule. Il fait chaud, et le poisson le demande.

    En cette période, nous travaillons beaucoup le cru et le poisson dans sa version la plus directe : peu de feu, une matière première qui parle d'elle-même. Les ostriche mignon di Goro sont de retour, les petites huîtres de Goro, un petit produit de chez nous que Paolo aime raconter de vive voix.

    Il y a aussi de la place pour le poisson bleu : sardines et anchois de l'Adriatique, la cuisine pauvre du littoral anoblie par une friture bien faite ou une marinade à l'ancienne, au vinaigre et au laurier. Rien de compliqué. De bonnes choses.

    Et puis il y a les plats de la mer hors carte, qui changent souvent en juillet : c'est le marché qui décide, c'est Paolo qui les raconte à table. La seiche, son encre, quelques crus du jour. Tant qu'il en reste.

    Et dans le verre

    Avec le poisson d'été, nous choisissons un vin frais et salin. Notre idée du mois vient de tout près : les vins des sables du Bosco Eliceo, ceux qui naissent sur des terrains presque entièrement faits de sable, à quelques mètres de l'Adriatique.

    Nous aimons la Fortana Rosé, le vin effervescent issu du cépage Uva d'Oro : né comme vin d'apéritif, mais il va très bien aussi avec le poisson. Sinon, un blanc du Bosco Eliceo, léger, avec ces notes légèrement salines qui viennent de la mer. Degré modéré, fraîcheur, bulles : parfait pour un soir de juillet.

    C'est le fil que nous préférons : le vin et le poisson qui naissent du même paysage liquide, fait de sable, de lagunes et de sel. La salinité qui relie la vigne et l'assiette.

    Questions fréquentes

    Quels sont les grands événements à Ferrare en juillet 2026 ?
    Surtout deux festivals de musique : le Ferrara Summer Festival sur la Piazza Ariostea (jusqu'au 26 juillet) et Ferrara Sotto le Stelle, entre le Castello Estense et Argenta, du 20 au 28 juillet. Les dates des concerts peuvent varier : mieux vaut vérifier sur les canaux officiels avant de partir.

    Que manger en cette saison ?
    Du poisson dans sa version estivale : des crus, des huîtres de Goro, du poisson bleu. Et les plats de la mer hors carte, qui changent d'un jour à l'autre. Nous vous les racontons à table.

    Quel vin avec le poisson d'été ?
    Un vin frais et salin. En ce moment, nous aimons les vins des sables du Bosco Eliceo : la Fortana Rosé ou un blanc léger, avec leurs notes légèrement salines.

    Si vous passez

    Juillet est beau comme ça : une longue soirée, un plat léger, un verre frais, et puis la musique à deux pas. Si vous allez à un concert, la table avant, c'est le meilleur moment de la soirée.

    Nous sommes là, comme toujours. Si vous passez, nous vous attendons. Et si vous nous connaissez déjà, vous savez que le plus beau, c'est quand vous revenez.